La réserve naturelle du Clos du Verbois

Description

S'étendant sur près de 11 hectares, la réserve naturelle du Vertbois est située au sein du Bois de la Houssière, à l'est de Braine-le-Comte, et se trouve dans le site Natura 2000 du "Bois de la Houssière". Elle comprend une sablière désaffectée depuis 1995 et partiellement réaménagée pendant l'exploitation, notamment par des plantations forestières et le talutage de certains fronts d'extraction. A l'heure actuelle, le fond de la carrière présente plusieurs mares d'un grand intérêt odonatologique et herpétologique, tandis que les parties sèches sableuses hébergent divers insectes psammophiles peu communs. Parmi l'entomofaune figurent notamment le leste brun (Sympecma fusca), le tétrix des vasières (Tetrix ceperoï), la cicindèle hybride (Cicindela hybrida), la collète lapin (Colletes cunicularius) et son parasite Sphecodes albilabris ainsi que le crapaud accoucheur (Alytes obstetricans), la bondrée apivore (Pernis apivorus) et le martin pêcheur (Alcedo atthis). Plusieurs plantes rares sont également présentes comme la cotonnière naine (Filago minima), l'érythrée élégante (Centaurium pulchellum), le vulpin roux (Alopercurus aequalis) et la mousse Loeskeobryum brevirostre.

La gestion de cette réserve naturelle domaniale est du ressort du DNF, cantonnement de Nivelles. C’est cependant la commune de Braine-le-Comte qui en est propriétaire. La gestion de la réserve est effectuée par les bénévoles de l’ASBL « Les Amis du Bonhomme de Fer » et de notre régionale Natagora Haute-Senne, tout cela sous le couvert du DNF.

L'objectif principal de conservation est la mise en lumière des mares, pelouses et landes sableuses afin de réduire la fermeture des milieux ouverts et l'assèchement des mares.

Le site est menacé par les piétinements et dégradations diverses (feux, dépôts de déchets, passages intempestifs, ...) ainsi que par la colonisation par des espèces exotiques envahissantes : arbre à papillons, cerisier tardif, robinier faux-acacia, peuplier de l'Ouest, rhododendron et mousse cactus.

L'accès du public est limité aux chemins et endroits dûment signalés. Les véhicules (sauf ceux pour la gestion du site) sont interdits.

Vous trouverez plus d’info sur la sablière sur le site Biodiversité Wallonie.

 L’exploitation du sable dans le Bois de la Houssière

L’exploitation du sable dans le Bois de la Houssière date de L’Antiquité. Le sable qui en était extrait était utilisé pour la construction. Seul le sable en surface, de type siliceux datant du Lutétien était exploité. On retrouve à bien des endroits des traces de ces exploitations. Le long du sentier du Tienne à l’houche, on retrouve les traces d’une ancienne exploitation du sable de cette époque. On y exploitait la limonite au départ du sable. La présence de scories atteste de cette pratique.

Plus tard, les archives de la ville indiquent qu’en 1412, « une charrette à deux chevaux et trois valets » était affectés au transport du sable du Bois de la Houssière jusqu’au centre.  Il faut attendre la fin du 19ème siècle pour que l’exploitation des sablières industrielle démarre réellement. En 1888, la construction d’une voie ferrée reliant la sablière à la gare de Braine-le-Comte facilita le développement de l’activité. Il s’agissait d’une voie à écartement de 60 cm de type Decauville. Dans un premier temps, des wagonnets de deux tonnes étaient tirés par des chevaux. Peu avant 1914 une locomotive à vapeur remplaça la traction chevaline.

En 1938, débute l’exploitation mécanique à l’aide d’excavatrices montées sur chenilles et à moteur diesel. Des nouvelles berlines de cinq tonnes, construites à Braine-le-Comte même par les ateliers Bourleau, sont alors mises en service. Au milieu du 20ème siècle, le bois comptait 5 sablières majeures en exploitation pour une superficie d’environ 100 ha et on pouvait encore voir à l’époque un petit train à vapeur tirant des wagonnets de la sablière du Long Jour vers le quai de chargement de la rue du Tunnel en passant par l’avenue de la Houssière.

Dans les années 1950, le transport par camion prit le relai et la voie ferrée fut démantelée. La sablière du Planois, plus au nord du bois était encore reliée par le vicinal à la ligne de chemin de fer Tubize – Ecaussinnes (ligne 106). Le sable y était transféré à la pelle dans des wagons de 20 tonnes.

Avant la mécanisation, les conditions de travail étaient loin d’être optimales. Le travail y était pénible et se faisait à la bêche ou à la pioche. Les accidents étaient nombreux suite aux éboulements. L’absence de normes de sécurité et de sécurité sociale entraînait régulièrement des mouvements sociaux. Les patrons faisaient alors appel à ce que l’on nommait « des jaunes » pour faire le travail à la place des grévistes.

L’exploitation sablière débuta de manière industrielle dans la seconde moitié du 19ème siècle. La technique la plus souvent utilisée était celle d’abattage par le pied de front. Les exploitations les plus récentes ont cependant fait aussi appel à la méthode d’abattage mécanique par le sommet moins courante. Il fallait tout d’abord pratiquer une coupe forestière sur le haut du versant exploité. Ensuite, une pelleteuse ôtait la couche de végétaux, d’humus et de limon qui recouvrait le sable. Cette couche était très épaisse ici et atteignait les 4 mètres. L’engin n’avait plus ensuite qu’à racler le sommet du front à la hauteur souhaitée et poussait le sable brut vers le bas. Les gros rognons étaient évacués au moyen d’une  grille. Une trémie munie d’un tamis vibré terminait le travail en séparant le sable des petits cailloux gréseux.

Le sable obtenu était de deux types. La partie supérieure est constituée de sable lutétien « gras » (15% d’argile, moins de 6% d’oxydes de fer et peu de calcaire) rouge, apprécié pour sa résistance aux hautes températures et utilisé en métallurgie pour la fabrication de moules de fonderie. En dessous, on retrouve du sable yprésien maigre(moins de 8% d’argile) jaune ocre, idéal pour la construction de bâtiments  et de routes. La distinction entre ces deux dépôts est difficile sur le terrain et ne peut se faire qu’en étudiant la granulométrie.  Le dernier front d’exploitation est situé à l’est de l’excavation et présente encore de belles parois sableuses de plus de 10 mètres de haut (le fond de la sablière est à une altitude de 140m et le sommet à 160). À son apogée, le front atteignait une hauteur de 26 mètres. Une année d’exploitation fournissait environ 78 000 tonnes de sables (donnée pour 1987).

Sources

biodiversite.wallonie.be

"Parc et réserves naturelles de Belgique, volume 5, Les forêts Brabançonnes" par Hellin de Wavrin

Exploitation du sable dans le Bois de la Houssière dans les années 1960. (Source : Parc et réserves naturelles de Belgique, volume 5, Les forêts Brabançonnes par Hellin de Wavrin)
Abattage du sable par le pied de front dans la sablière de la Tête du Bois. Photo D. Istaz
Sur cette photo de la sablière du Vertbois, on remarque la rampe d’accès en arrière-plan toujours visible aujourd’hui et les mares dans le fond de l’exploitation. La nappe phréatique n’est pas loin !
Extraction du sable manuelle vers 1920. Photo : les Amis du Bonhomme de fer.

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